dimanche 9 août 2009

Ca y est les petits poussins ont quitté le bercail.

Un beau jour de mois de juillet, Chong, déléguée des filles de ma maison, a été visité leur futur foyer des " 2ème années" qu'elles deviendront à la rentrée prochaine.

Quel fut pas alors un étrange sentiment qui m'envahit? proche sans doute d'une maman qui laisse partir ses petits du nid douillet et protecteur!
Elles semblaient ne plus avoir besoin de moi et c'était dans l'ordre des choses.
Je les voyais enchérir sur les questions, plus oppressantes que dans VANNA
un enquête policière! "Combien de chambres?", "et la taille?","ça fait combien de bras mis bout à bout ?" "et les vélos? y a la place pour les garer?" "C'est proche du marché Toul Kork, mais plutôt à gauche? ha ! à droite ok."

Il flottait alors dans l'air comme une euphorie structurante, une douce odeur de responsabilité, d'autonomie saine qu'elles étaient prêtes à présent à endosser.
Haaa la la....que de chemin parcouru depuis ce 1er jour où elles avaient peurs de Phnom Penh la nuit tombée,des voisins, des rumeurs qui circulaient sur la dangerosité des grandes villes!!
Et des larmes, qui en secret coulaient sur l'oreiller, parce que la séparation avec leur famille, leur campagne et sa tranquilité était douloureuse...
LEAPHY



Donc c'est avec un grand bonheur, une certaine satisfaction, et une grosse boule dans le coeur,je dois l'admettre depuis qu'elles sont rentrées chez elles pour les vacances le 1er août dernier, que j'assistais il y a encore peu à cette scène de la vie dans notre bon vieux foyer de filles de 1ère année 2008-2009 !!!
Ce fut une joie d'être une "maman" de substitution , une année merveilleuse en somme...

SOKHA













SINNAT














MEALEA












MALIN








SREY THUOK










SOPHANNA










BOREN









SREY PAO








SOKNA








LIMEANG









KUNTHEA








CHONG









SOKHA









RITHY











KONG KEA









KIMLA








Je vous ai parlé des 23 garçons???





vendredi 24 juillet 2009

A nous les ...!!

-Les pantalons retroussés mi-mollet façon pêche aux moules!
-Les revers de pantalon parsemés de boue parce qu'on arrive décidement pas à choper la technique des asiat' pour ne pas se salir avec ces foutues tongues!
- Les ponchos qui ressemblent plus à un sac poubelle géant de couleur,avec des trous pour les bras,
-Les remontées d'égouts dans le jardin d'EDM,
-L'eau dans les bureaux, les classes,
-Les toilettes bouchées :s
- l'eau jusqu'aux mollets.


-Le moteur de la moto qui se noie si t'as le malheur d'être en 4ème ou 3ème vitesse.
-Les chemins glissants,bouillasseux où tu manques de te casser quelque chose à chaque virage!
-La chaussée inondée,
-Les petits vents frais en matinée et en soirée,
- La symphonie de crapauds à la nuit tombée,
-La bonne soupe, le "bo mi" qui vous réchauffe!
-Les jeux de sociétés dans les couloirs du centre avec les étudiants,


-Les lessives où tu ne peux plus étendre ton linge...
-Les vêtements qui ne sèchent pas!
-Une odeur heu...d'humide??!
-Les "douches minutes" sous une gouttière,
-Les enfants qui sautent dans les flaques en s'esclaffant!
-Les douches glacées (bbrrr)
-Les rhubes et autre animal dans la gorge,
-Les nuages menaçants qui éclatent TOU-JOU-RS quand tu prends ta moto!
-Les tempêtes tropicales où le paysage n'a plus rien de similaire à avant,
-Le piquage de riz qui recommence avec ses étendues d'un vert époustouflant!

Bien sûr tout ceci n'a que peu d'attrait si vous prenez tout cela séparement , le Cambodge , il faut se plonger littéralement dedans ;-)

Bel été à vous tous !!!

mercredi 22 juillet 2009

Le portage de riz "grand cru mousson 2009" mode d'emploi



Grâce au projet " il faut sauver les enfants de Mala" créer à la suite de la visite de notre directeur Enfants du Mékong sur mes programmes, 155 familles parrainées ont pu bénéficier de 50kg de riz ce mois de juin, un petit miracle, dont on lit le soulagement, le bonheur dans les yeux de ceux qui le reçoivent.
Au regard de la précarité quotidienne, cinquante kilos de riz permet de nourrir une famille de 6 personnes pendant presque un mois, et laisse entrevoir un éclaircie pour les jours à venir :-)

Lors de la distribution plusieurs tendances se sont distinguées, il y a tout un savoir faire dans le portage du (gros ) sac de riz .

A gauche, prendre la pose décontractée, le sourire simple et le regard détaché, objectif de la maman ,et du jeune filleul à cet instant précis? Combler l'espace et le temps en attendant que ça charge sur les motos.
















à vélo

ou à la force des bras si le papa khmer en question est balaize! attention à la marche tout de même...





4 bras vaut mieux que deux,




A moto.Certains en profiteront alors pour faire payer la course aux familles qui désirent que l'on transporte leur riz, business is business!


















jeudi 4 juin 2009

Pour faire bonne impression dans la haute société khmère ais ton "lèk Calib"!

Signe extérieur de richesse, de puissance et même d'un certain sens de l'élégance (tout moi ça !?), les numéros de téléphone “spéciaux” sont de plus en plus prisés par une catégorie aisée de la population et s'arrachent désormais à prix d'or.
Vous craquez sur le 012 555 552 ? il vous en coûtera 1 850 dollars, soit le prix d'une maison en zinc, et plus cher qu'une moto japonaise fraîchement importée.
Moins onéreux, le 012 58 6666, mis en vente dans une boutique de téléphone phnompenhoise, vous en coutera la bagatelle de 1 350 dollars.
En quelques années, le prix des “lek calib” a parfois été multiplié par quatre en raison de l'augmentation de la demande et de leur nombre limité. Chez Mobitel, les plus chers peuvent atteindre 2 000 dollars, contre 60 dollars pour un simple numéro à 9 chiffres et 10 dollars pour un à 10 chiffres.
Le Cambodge Soir (hebdomadaire en français) écrivait dans ses pages que : les clients friands de numéros spéciaux sont les riches et les hautes personnalités du gouvernement qui veulent faire étalage de leur richesse et de leur pouvoir. Certains hommes d'affaires apprécieraient également les numéros répétitifs, faciles à retenir et donc bons pour les affaires (Notre prochain chapitre se penchera sur ce débat passionant "Alzheimer et hommes d'affaires: une volonté politique ?")
Kim Chansoriya, employée d'une compagnie privée de Phnom Penh, explique les deux raisons qui l'ont conduite à acheter à prix fort un numéro spécial : d'une part "il est facile à retenir, mais surtout, c'est extrêmement chic (??). Tout être humain apprécie les compliments. Tout le monde veut être remarqué "(???)
Vous savez, il arrive que je me fasse belle sans que personne ne le relève (aïe...) tandis que mon numéro de téléphone me vaut beaucoup de compliments (????, je répète,aïe...) confesse-t-elle, nullement gênée de se faire voler la vedette par son téléphone et que sa beauté soit éclipsée par une vulgaire série de neuf chiffres.
Chem Sang Va, directeur du département de l'inspection au ministère des Postes et Télécommunications, constate à son tour l'inflation qui touche les numéros spéciaux. Les Sino-khmers apprécieraient selon lui particulièrement ceux se terminant par 168, dont les vertus seraient incomparables dans les affaires. Et de filer lui aussi la métaphore de la séduction pour expliquer la hausse des prix : “Les numéros spéciaux sont comme les jolies filles, si beaucoup d'hommes les convoitent, leur valeur augmente” ].
Bon, et bien je crois que je suis pas dans le coup avec mon 092 25 40 72. Un rêve se brise ... ;-)

jeudi 23 avril 2009

En vidéo, c'est pas mal aussi...

Mea culpa, je sais, je sais mon blog n'est pas très à jour. Il se passe des milliers de choses que je pourrai vous contez mais ma mémoire me fait du tort, et l'electricité du Cambodge, et donc la connexion internet ,est bien capricieuse ces temps-ci...

En effet la chaleur est harassante depuis le mois de mars ce qui engendre de grosses coupures quotidiennes car la production d'énergie du pays n'est pas suffisante par rapport aux besoins.

La semaine dernière c'était le nouvel an khmer/thailandais /lao , le nouvean bouddhiste en somme...on attaque donc l'année 2552 avec 3 jours fériés ,batailles d'eau et de talc dans la rue pour les plus fous fous,et purification des statues dans les pagodes pour les autres.

Pour ma part j'ai fêté le nouvel an au Laos, avec mes co-bambous laotiens Christophe et Marion, où j'ai découvert de nouvelles subtilités culinaires qui m'étaient jusque là inconnues : larves de fourmis rouges, grillons,scarabés, petite grenouille et leurs oeufs, c'était... disons,heu... interessant!??

Avant de partir au Laos ,nous avons fait avec Anne Mad, Ludo et Margaud un we immersion à Sisophon près de la frontière thailandaise avec nos chers étudiants.
Je voudrais vous faire partager du coup quelques vidéos, d'ici, de mon quotidien avec eux, de ces petits moments qui nous réchauffent le coeur et qui me donne envie de remercier EDM de m'avoir recrutée.

Qu'en cachette Anne MAd et moi nous nous repassons en boucle sur son ordi, tellement on les kiffe !!!
Enjoy...

-Initiation boxe pour nos halterophiles.
-Chanly en pleine répetition pour la journée de la francophonie qui a eu lieu le 9 mars.
-Suivi de Varin, en live, sur scène.
C'est quand déja que je rentre en France??


samedi 7 mars 2009

"Laissez passer j'suis médecin !"


La semaine dernière, j'ai découvert le système hospitalier khmer à la suite de l'hospitalisation d'une de mes filleule.

22h passé, lavée, pyjamaté, en train de lire un livre au foyer quand Pikdey, étudiante en 2ème année au CIST (center for information training) m'appelle toute paniquée. Sokhonn (la filleule en question), n'arrive plus à respirer, faut que je vienne vite!
J'essaye de la calmer, lui dit de contacter un tuk-tuk (tricycle à moteur) et d'aller à l'hopital, attendre ma venue à leur maison qui est loin, ne fera que retarder les choses.


Pikdey me dit: "D'accord. Mais après est-ce que tu peux venir passer la nuit avec elle ?" -Heu...c'est à dire?? Je ne vois pas trop où tu veux en venir? "Sinon elle va rester toute seule!" Bah oui mais je ne peux pas, tu sais j'ai 18 étudiantes au foyer...Demain je passe la voir à la première heure,et puis j'essayerai de repasser dans la journée!?
Pikdey,dont le globe oculaire manqua de sortir à l'annonce de cette phrase me fit saisir à ce moment tout un pan de la culture khmère qui m'était jusque là inconnu : ici on ne laisse pas un malade tout seul.


En fait au Cambodge, c'est l' entourage,la famille, les amis qui s'occupent du souffrant.
Ce sont eux qui vont le nourrir, l'aider pour les déplacements éventuels, veiller sans interruption à ce que l'état de santé n'empire pas, trouver une infirmière pour changer la perfusion, et lui tenir compagnie,on ne laisse pas quelqu'un tout seul ,c'est inconcevable!


Trouver un médecin ou une infirmière est faisable si on aime bien arpenter tout le batiment, mais si non, un patient pourrait rester 24 heures sans que personne ne sache ce qu'il devient.
L'aide aux premiers soins n'est pas le rôle de l'hopital, peut être par manque d'effectifs, ou parce que culturellement il va de soi que ce soit la cellule familiale qui s'occupe du malade. D'ailleurs celle-ci ne fait guère confiance au corps médical (cause? conséquence?)

Mais le manque d'investissement du gouvernement dans des secteurs comme l'éducation et la santé au profit de l'immobilier et de la télécommunication est ce qui s'appelle "une boulette" à mes yeux.

Ce qui est assez marrant, c'est que les chambres d'hopitaux prennent un air de camping !!
Toute la famille du patient de la grand-mère au beau-frère, sort son attiraille, nattes, oreiller, nourriture, bouilloire, ventilateur et prend possession des lieux,en dormant sur le sol à côté du lit du malade.
Et on attend...on attend, il n'y a rien à faire .On ne parle pas vraiment, mais on reste là, parce qu'il nous viendrait pas à l'esprit de laisser le malade tout seul.
La communication n'est pas nécessaire quand notre simple présence physique suffit à montrer notre attachement.


Pour revenir à Sokhonn, la situation est un peu plus délicate puisqu'elle n'a plus vraiment de famille. Orpheline de père et de mère, et n'ayant gardé des liens fraternels qu'avec l'un de ses 3 frères qui vit à Siem Reap, l'option camping semble compromise...

Sokhonn est une jeune fille de 20 ans qui suit une formation professionnelle en cuisine.
Arrivée à Phnom Penh en Octobre, elle fut rattachée à mes programmes enfant, bien qu'elle soit étudiante. Elle vit ici avec 20 autres étudiantes du CIST dans un compartiment chinois et n'a comme seul lien ses colocatrices et moi (1 fois par mois) lors de la remise de son parrainage.

Les filles étudient beaucoup, et elles ne pouvaient pas rester la journée à l'hopital. Certaines ont passé la nuit auprès de Sokhonn. Elles revenaient tous les soirs après les cours.
Pour ma part, et bien je suis restée 3 bonnes journées complètes, sollicitant également mon staff khmer des bureaux pour venir la voir et m'aider.

J'ai réalisé que j'étais la personne la moins bien placée, la "barang" (étrangère) de passage, la moins efficace en tout cas pour chercher et interpeller les médecins, savoir la posologie des médicaments donné, quoi faire...Heureusement le patient d'à côté, un vieux monsieur, était entouré de toute sa famille et une de femmes m'a aidé à m'occuper de Sokhonn.
Une gentillesse et une simplicité courantes au Cambodge.


Pour la santé de Sokhonn, rien de très grave, une bonne crise d'anxiété, quelques perfusions pour reprendre des forces, et du repos. Une jeune fille qui doute de ses capacités face à la difficulté de ses études, qui perd confiance et qui n'a personne pour la rassurer sur ce qu'elle vaut.
Message bien reçu ;)


PS: Pour ceux qui ont lu "lettre aux parrains", sachez que Vanneang a été parrainé par les anciens parrains de Vanny (sa grande soeur), ils ont accepté le transfert, et ils sont d'ailleurs venus les voir hier, lors de leur passage au Cambodge. La boucle est bouclée !!! :)